montrealcolorful« Il ne s’agit plus de savoir si nous allons manger des hamburgers ou des hambourgeois, s’il faut inscrire stop ou arrêt aux intersections, si l’on peut afficher en français en petits ou en gros caractères; il s’agit de décider s’il est encore séant de vivre en français à proximité d’un empire où apparemment nous ne comptons pour rien. » Fernand Dumont 

Qui suis-je? Qui sommes-nous, les Québécois? Dans une province où l’on veut tant que notre langue, le français, soit partie indissociable de notre identité sociale de Québécois (e), quelle perception avons-nous de notre «  soi  »  commun? La télévision me renvoie à mon identité, qui elle-même calquée aux géants Américains proposent savon de fin de soirée, télé-réalité, fabrique de vedettes et traductions à l’accent prononcé qui n’est certes pas le notre. Si mon identité sociale se définit par les autres, eh bien je suis une francophone perdue, qui transige entre la disparition de mon dialecte d’origine bientôt folklorique et l’identité archétype à laquelle mon inconscient s’accroche. De ce fait, je renvoie aux autres l’appartenance à un noyau qui s’effrite, où s’infiltrent l’anglicisation subtile, la pauvreté du vocabulaire, et l’imagination bilingue.

Et je reviens à moi-même, dans mon travail de fonctionnaire , où je prends le temps d’utiliser le dictionnaire pour ajouter une touche de raffinement lexical à ma vie quotidienne au risque de ne pas être comprise dans mon extravagance. Plus je tente de m’identifier moi-même en tant que Québécoise dans un environnement de plus en plus pauvre de repères, je ressens ce conflit intérieur. Ce conflit de la langue, qui me ramène à la réalité que mon monde extérieur me renvoie. L’Université même où j’étudie, au Québec, m’impose la lecture de textes anglophones, matière à évaluation. Rien de mal. Dans ce même établissement où l’on souligne la médiocrité du français dans nos travaux. Depuis l’enfance, j’adore écrire en français, toutefois – non sans conscience, mais assez naturellement – les idées surgissent de plus en plus fréquemment en anglais, et je m’étonne moi-même d’errer dans les lectures étrangères.

L’identité québécoise en moratoire? Une chose m’est certaine, et ne défoulez aucune âpreté sur ma personne, je suis plus anglaise que mon père puisse l’être malgré mon amour inconditionnel pour ma langue. J’hésite. J’hésite à me définir et à investir l’énergie nécessaire à construire mon identité francophone, puisque l’image qu’on me renvoie devient de plus en plus floue. Mes relations sont davantage multiculturelles et la langue de communication est principalement l’anglais! Vous amis qui n’êtes pas francophones, jamais vous ne saurez le fond de mes pensées véritables… Reste toujours la traduction. 

Anyone?

:)

Namaste

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